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01 juillet 2022

La Bodega fait un tabac

33e édition

Chaque fin d’après-midi, le chapiteau de la place de la Mairie fait le plein pour des spectacles gratuits, donnant à voir et à entendre la diversité de la scène flamenca.

Ce jeudi après-midi, il fait un temps à ne pas mettre un festivalier dehors. La pluie s’est invitée sur Mont-de-Marsan et la température est bien loin des standards estivaux. Pourtant, un quart d’heure avant le début de la Reunión flamenca, orchestrée par la compagnie marseillaise Jesús de la Manuela, la grande tente blanche de la Bodega affiche complet. Les retardataires devront rester debout, sur les franges du chapiteau. Une affluence qui ne se dément pas, depuis le Diálogo de Mujeres de Serena de Sousa et Lola Navarro qui a ouvert la programmation lundi 27 juin.

Ouvert à tous

Prévoyante, Marie, de Gamarde, est arrivée très à l’avance pour s’installer au premier rang. Elle a tenu naguère un restaurant nommé Le Flamenco à Bagnères-de-Bigorre, ce qui en dit long sur son attirance pour la culture espagnole en général et le flamenco en particulier « même si je ne comprends pas tous les textes. C’est surtout un ressenti ». Habituée du Festival, elle ne cache pas sa préférence pour la Bodega, dont elle apprécie « la proximité du public avec la scène », par rapport au Café Cantante, où elle trouvait que « c’était un peu la pagaille parce que les gens se levaient au milieu du spectacle. Ici, les gens sont réactifs, mais aussi respectueux avec les artistes, ils se taisent dès que la musique commence ».

Émilie est venue en voisine de Saint-Pierre-du-Mont avec ses deux enfants de 6 et 7 ans, pour une éducation musicale à moindre frais : « comme les spectacles sont gratuits, on peut prendre le risque d’y emmener nos enfants pour leur donner un aperçu du flamenco, avec la possibilité de partir s’ils n’adhèrent pas ». Une petite communauté de spectateurs s’est créée dans l’ambiance particulière du chapiteau : « il y a une convivialité, on se reconnait entre habitués, on engage la conversation, on se retrouve plusieurs fois d’affilée ».

Bodega Compagnie Jesús de la Manuela © Laura Moulié

Une programmation variée, un public réactif

L’emplacement de la Bodega contribue aussi à son succès, selon Françoise et Alain, Normands d’origine qui se sont initiés au flamenco depuis leur installation dans les Landes : « c’est en plein centre-ville, accessible facilement au plus grand nombre. Et la programmation est variée, plus métissée. On a adoré les danseuses lundi dernier. Hier, le groupe était plus rock, mais ça nous a plu. L’ambiance était extraordinaire ».

C’est un euphémisme. Les cinq Barcelonaises de Maruja Limón ont dynamité le festival avec leur flamenco pop hyper vitaminé par la trompette de Mila González et la batterie d’Eli Fàbregas. À la fin du concert, la chanteuse Sheila Quero a sauté de scène pour haranguer les premiers rangs, achevant de mettre le chapiteau sens dessus dessous.

Cette communion avec les spectateurs est unanimement appréciée des artistes, comme le confient les danseuses Léa Llinares & Mathilde Antón qui se produisaient jeudi avec la compagnie Jesús de la Manuela : « la Bodega est un espace privilégié pour l’échange et le partage. On sent que le public, qui est composé d’un mélange de curieux et d’aficionados, est vraiment content d’être là. Il est ultra répondant, chaleureux, enthousiaste, réactif. Il est là pour nous porter et nous soutenir ».

Coup de projecteur sur la scène française

Léa et Mathilde sont originaires de Toulouse, tout comme Serena de Sousa et Lola Navarro. Jesús de la Manuela est de Marseille. La Peña Copas y Compás, à l’affiche mardi, est le gardien du temple flamenco à Bordeaux. L’an dernier, le Tarbais Lucas el Luco et le Nîmois Yacin Daoudi avaient représenté la jeune garde ambitieuse. C’est une autre particularité de la Bodega : montrer la diversité et la qualité de la scène française. Lionel Niedzwiecki, directeur général d’Arte Flamenco, revendique ce souci de mettre en avant la créativité hexagonale : « il y a une vraie culture flamenca dans le Sud-Ouest et à Marseille. De plus en plus d’artistes sont en voie de professionnalisation. Et on souhaite évidemment les accompagner ».

Bodega Serena de Sousa et Lola Navarro © Laura Moulié

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